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Montrichard au fil des siècles

A l’époque gauloise, les populations se regroupaient souvent autour d’un lieu de culte. C’est ainsi qu’un premier village s’est formé près de la fontaine de Nanteuil et qu’est née la première agglomération montrichardaise. Là, vers 360, Saint-Martin de Tours baptisait les premiers chrétiens.

 

Plus tard, les Mérovingiens ont laissé une nécropole, découverte lors des travaux d’aménagement de la gare. Certains sarcophages sont visibles au Musée Archéologique du donjon (visite du donjon et des musées de Pâques à la Toussaint).

L’église primitive de Nanteuil date du XIème siècle. C’est un édifice qui appartient à plusieurs époques et qui a subi de nombreuses restaurations. Son plus grand rénovateur fut certainement le roi Louis XI qui fit édifier la chapelle haute, avec des escaliers extérieurs  et sa fenêtre de style flamboyant.

A la fin du Xème siècle, Foulques Nerra, Comte d’Anjou que l’on disait « craint de dieu et redouté du diable », était en guerre contre le Comte de Blois qu’il finit par vaincre à la bataille de Pontlevoy (1016) dont le millénaire a été célébré le 6 juillet 2016. Il fit édifier un premier donjon, en bois, sur la colline dominant le Cher, ainsi qu’une chapelle dédiée à la Sainte Croix.

 

Ses successeurs firent construire le donjon de pierres et les fortifications au XIIème siècle. L’Anjou devenant possession anglaise, le village de Montrichard fut anglais pendant 35 ans. C’est à cette époque que fut construit le pont enjambant le Cher, sous le règne des Plantagenêt. Philippe Auguste a repris la place forte au roi Henri II Plantagenêt (1188) et rattaché Montrichard au Royaume de France.

 

Durant ces longues périodes de guerres, les habitants s’installèrent à l’abri du donjon.  Dans la 2ème moitié du XIIème siècle, les fortifications du château furent renforcées et le village  s’entoura de solides murailles de 8 mètres de haut.

 

 

Le logis royal, édifié au pied du donjon, vit le passage de nombreux rois : Louis XI, lors des mariages de ses filles, Anne avec Philippe de Beaujeu (1473) et Jeanne avec Louis d’Orléans futur Louis XII, qui furent célébrés à l’église Sainte Croix, à l’origine la chapelle du château. Passèrent aussi des souverains, dont François 1er, qui séjournaient dans leurs châteaux de Touraine et venaient chasser dans notre forêt.

La Maison du Prêche, considérée comme la plus vieille maison de Montrichard, a survécu à toutes les guerres et incendies depuis le XIIème siècle. A remarquer sa belle façade.

Sully négocia la reconnaissance du futur Henri IV, à Montrichard, en 1589. Marie de Médicis fuyant son exil au château de Blois, fit halte à l’Hôtel de l’Ecu d’Espagne (1619), rue du Pont, actuellement occupé par l’Office notarial.

Au cours des siècles les coteaux se couvrirent de vignes (jusqu’au pied du donjon) dont le vin connu une bonne réputation dès le XVIème siècle.

 

 

L’Hotel d’Effiat, demeure Renaissance, fut édifié par la famille Beaune-Semblançay. Il fut la résidence des seigneurs engagistes de Montrichard jusqu’au Marquis d’Effiat qui, à sa mort (1719), a légué à la ville sa demeure. Après avoir été un hôpital – hospice pendant 250 ans, il abrite actuellement la Bibliothèque, diverses associations et des salles de réunions-réceptions.  Dans le jardin, un magnifique Gingko Biloba a reçu le label « Arbre remarquable ».

La Renaissance nous laisse une autre belle demeure, la Chancellerie, boulevard Philippe Auguste. De style très sobre à l’extérieur, elle présente une belle façade sur la cour intérieure.

 

 

 

 

A la veille de la Révolution, le Duc de Penthièvre, grand Amiral de France, est devenu le seigneur d’Amboise-Montrichard. Il entame la construction de l’Hôtel de Ville en 1788 qui sera terminée après la Révolution aux frais de l’Etat. La création des départements en 1790 rattache Montrichard au Loir-et-Cher et Amboise à l’Indre-et-Loire. 

 

 

 

La 1ère moitié du XIXème siècle voit la démolition des portes et des murailles de la ville. Voie de communication séculaire, le Cher est canalisé et les barrages à aiguilles sont construits entre 1836 et 1842, au nombre de 16 et étagés.  (photo barrage à aiguilles à insérer) Mais le commerce fluvial est vite supplanté par le chemin de fer (1860-1870). Grâce au maintien des barrages, des plans d’eau ou biefs permettent aujourd’hui la pratique de sports nautiques, comme c’est le cas à la plage de Montrichard Val de Cher.

 

 

 

Au XIXème siècle, la ville s’adapte au monde moderne : démolition de maisons anciennes pour élargir les rues et créer des places, extensions des quartiers d’habitation qui font disparaître le vignoble. Nombre de maisons anciennes de notre petite cité ont heureusement survécu. Les  aménagements des bords du Cher pour les loisirs, avec la création du Parc Plage en 1936 et ses multiples animations, la construction de l’Hôtel Bellevue, transforment alors la ville en « cité balnéaire ». (photo de la carte postale de l’époque si je la retrouve)